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Les questions à se poser avant de s'associer

Patricia Égard, fondatrice d'Ideasvoice, le site qui aide à chercher son associé, nous donne les pistes à suivre pour choisir le bon associé.  Qu'est-ce qu'un bon associé ? Quelles questions faut-il se poser ? Quelles erreurs faut-il éviter ? Posez-vous ces questions avant de vous marier avec un associé et avant même de signer un pacte d'associé ! 
 

Un bon entrepreneur sait s'entourer des bons associés

Tout d’abord, je suis persuadée que quel que soit le stade d’avancement de son projet, la maturité de son entreprise, pour peu qu’on ait une perspective de croissance ambitieuse, le fondateur ne sait pas tout faire, être sur tous les fronts et tout le temps, comme l’exige souvent une entreprise, compte tenu des multiples sujets à traiter en simultané. A ce titre, j’aime citer John F. Kennedy 

« L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs ».
 

Chercher un associé, 4 questions à se poser :

Il est clair pour moi que s’entourer des bonnes personnes est un facteur clé de succès dans l’entrepreneuriat en général. Mais comment choisir son associé ? Il est primordial de qualifier son besoin et les raisons de s’associer. En effet, s’associer avec une autre personne dans une entreprise est un projet à part entière pour lequel on doit se poser les questions suivantes :
  • Qui suis-je ?
  • Qui je cherche ? Quels sont mes besoins ?
  • A quel prix ?
  • Combien de temps ?
 

Qui suis-je ?

Pour fonctionner au mieux avec les autres associés, il faut commencer par se connaître, savoir quels sont mes atouts et mes plus grandes contributions pour l’entreprise, ce que je fais le mieux.
 

Qui je cherche ?

1er cas : je cherche un associé investisseur.  Comment choisir le bon investisseur ? Hormis l’aspect financier, s’assurer de l’adéquation de fonctionnement avec le business angel et se mettre d’accord sur l’organisation de la gouvernance sont des étapes à ne pas négliger. Mais à la réflexion, a-t-on vraiment la possibilité de choisir son investisseur ? Malgré tout, il faut essayer de préparer au mieux l’adéquation entre ses besoins et les attentes de l’investisseur.

2e cas : je cherche un associé opérationnel. Premier réflexe, définir la ou les compétences du futur associé que je recherche, de préférence, complémentaires aux miennes. Ensuite, faut-il que cette personne ait une expérience solide en la matière? Mon futur associé doit-il être curieux, flexible, avec une capacité d’apprentissage élevée?

Le parcours est une information intéressante. Préférez-vous vous limiter aux personnes ayant une expérience dans son secteur d’activité ? Personnellement, il me semble qu’il faut laisser la porte ouverte sans se restreindre à des postes de type copier / coller comme le font les chasseurs de tête. 
Quelle aptitude je recherche ? Quelles sont nos chances d’entente et de fonctionner ensemble efficacement à moyen terme ? Mais aussi, que se passe-t-il si la personne occupe déjà d’autres fonctions, saura-t-elle être disponible, se mobiliser, s’investir suffisamment dans l’entreprise ?
 

A quel prix ?

A un moment de la discussion, le choix sera conditionné par l’entente sur l’entrée au capital de l’associé. La difficulté est de partir sur une valorisation actuelle acceptée par les 2 parties versus le partage des bénéfices futurs dégagés grâce à sa contribution et l’estimation de la valeur future. Le fondateur doit préparer ses arguments pour expliquer l’arbitrage retenu entre rémunération/payback pour le futur associé. Mais, on n’est jamais sûr que son associé, une fois dans l’entreprise, atteindra ses objectifs. Aussi, l’idéal est d’aménager une période d’observation, de travail sans engagement immédiat dans le capital social de l’entreprise. C’est l’ une l’occasion de tester la capacité d’entente.
 

Combien de temps ?

Définir une échelle de temps pour l’association permet de partager une vision, des objectifs sur un horizon à court ou moyen terme et de discuter de la motivation finale de chaque associé à se joindre au projet. Rêve de revente avec dégagement d’une plus value à 5 ans ou rêve de mener la boite au niveau mondial parmi les leaders avec une construction dans le temps ?

Après avoir analysé son projet de recherche d’associé, se reposer à nouveau la question pourquoi je veux m’associer au lieu de recruter ou de sous-traiter ? Est-ce la bonne décision ? Quels sont les éléments moteurs ?
Une fois mes besoins validés, il ne faut pas oublier de se mettre à la place de l’autre associé. L’exercice est intéressant de se demander si mon projet est suffisamment attrayant pour intéresser des personnes talentueuses à me rejoindre ? Jusqu’où je positionne mes exigences. Suis-je réaliste ? Un peu comme quand on voit des business angels tout en adaptant son discours.

 

Le bon associé ? Un complément du fondateur

Il peut être intéressant de rappeler qu’une personne qui cherche à s’associer à un projet est aussi un entrepreneur, mais ce n’est pas le porteur de ce projet. Un bon associé est donc à la fois un bon entrepreneur mais aussi une personne qui parviendra à compléter le talent de l’entrepreneur et à jouer un rôle majeur dans l’entreprise. Il prend également des risques et s’engage dans l’entreprise pour contribuer à son succès. Il ne s’agit pas d’un simple exécutant ou d’un manager intéressé au capital. Il est réellement partie prenante dans le projet.

Il me vient tout de suite à l’idée 3 écueils à éviter :
  • ne regarder que le passé et ne pas projeter son associé dans le futur,
  • négliger le facteur humain, en se concentrant sur son savoir-faire technique, son expertise,
  • ne pas aborder ce qui peut arriver en cas de mésentente.

Chercher son associé dans sa famille ou son réseau d'amis

S’associer est comme un mariage sur une échelle de temps possible à plus ou moins long terme avec ses risques de mésentente, de rancœur, de contribution déséquilibrée, de partage non équitable, avec un risque final de blocage des décisions ou de sortie coûteuse mettant en péril le devenir de l’entreprise. Pour se parer contre une éventuelle incompatibilité d’humeur ou de vision, certains préféreront s’associer avec des proches, des personnes qu’ils connaissent bien, en vue de former un socle solide pour diriger l’entreprise.

Mais seront-ils capables d’affronter une situation de crise? En effet, s’associer entre amis n’est pas forcément garant d’une réussite car ce mode de relation « harmonieux » peut éviter les remises en cause nécessaires, faisant intervenir la sphère intime dans le processus de décision. De plus, souvent il n’est pas rare dans ces cas qu’on s’associe à 50/50 et qu’on se partage le pouvoir sans qu’un des deux associés possède la majorité, ce qui veut dire que pour toutes les décisions, les deux associés doivent être d’accord. Dans le cas inverse, l’entreprise peut se retrouver dans une situation très inconfortable où rien ne se passe.  Attention, également, si l’un des deux est gérant avec toutes les commandes sur les prises de décision. Il est chaudement recommandé de s’entourer d’un bon avocat lors de la création de l’entreprise et de prévoir des clauses pour anticiper les situations de blocage et définir une voie de secours dans le pacte d’associés.

Plus largement, l’association familiale entre époux, ascendants, descendants, fratries n’est pas forcément née d’une vision commune sur une aventure entrepreneuriale... Plusieurs raisons peuvent amener à s’associer en famille : la transmission, le travail en couple… Le rôle de chacun, sa part au capital, sa rémunération sont des sujets cruciaux. Il vaut mieux être clairs sur les objectifs de l’association dès le début pour éviter tout qui propos et toute frustration ultérieurs, car il est souvent beaucoup plus difficile de rompre le pacte d’associés d’une entreprise familiale et de faire rentrer un tiers pour remplacer un des associés. Donc un conseil, le pacte d’associé ne doit pas être négligé.

 


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